L’appel de La Vie

Biblio - 2 janvier 2007

Le 17 novembre, en pleine crise des banlieues, l’hebdomadaire La Vie lançait le débat national sur la création d’un Service civique obligatoire.

Le service national, dont l’objectif était de réunir tous les jeunes Français sans considération de classes sociales, a été supprimé sans que soient envisagées sérieusement les conditions de son remplacement pratique et symbolique. Aucune démocratie ne peut survivre si les droits de chacun ne sont pas mis en relation avec ses devoirs.
Cette suppression concourt grandement à la désintégration progressive de la société française, qui s’accélère sous nos yeux. Alors que l’élargissement de l’Europe pose le problème aigu de la concordance des valeurs dans l’Union, il est impératif de réagir pour recréer un fort lien citoyen capable de structurer le XXIème siècle.

C’est pourquoi les signataires de cet appel déclarent qu’il est urgent que soit créé un service civique obligatoire fondé sur la mise en œuvre de l’idée de fraternité et de solidarité. Un service citoyen par lequel chacun d’entre nous, en contrepartie des droits que lui garantit la République, acceptera comme l’un de ses devoirs de participer au bien commun en donnant de son temps. Il est fondamental de proclamer que l’argent ne peut en aucun cas se substituer à cette contribution constituée par une part de notre vie d’homme, de femme. Lieu symbolique où réside véritablement l’égalité.

Il s’agit d’une décision de la collectivité nationale qui engage son avenir. Ses représentants élus doivent librement débattre d’un service civique où l’égalité entre chaque Français, quelle que soit son origine, est fondatrice. Cette égalité doit se traduire dans les faits par une double condition.
- Les applications dans le temps, l’espace, la durée, doivent résulter d’une mise en œuvre la plus souple et la plus pragmatique possible, en fonction des besoins du pays, des capacités de chacun.
- Il importe que, quels que soient le statut social, l’âge, le sexe, la religion, chaque citoyen soit clairement convaincu qu’il ne saurait y avoir de passe-droit dans un domaine si nécessaire à la cohésion de la République, à la construction de l’Europe.

La réalisation de ce service civique doit s’appuyer sur le maillage territorial de nos collectivités locales, sur les réseaux associatifs, sur le tissu de nos entreprises et bien sûr des services publics. Il démontre que l’homme est la véritable richesse d’un pays. Richesse qu’il préserve et développe audacieusement en réinventant, avec les désirs et les attentes de notre époque, l’indispensable dynamique fraternelle. Socle historique, sur lequel construire notre avenir républicain. La vocation du service civique obligatoire est qu’ainsi chaque individu contribue à accroître le bonheur commun.